Honorable Président de l’Assemblée Provinciale,
Honorables Sénateurs et Députés Nationaux,
Honorables Députés Provinciaux,
Excellences Monsieur le Vice-Gouverneur,
Excellences Madame et Messieurs les Ministres Provinciaux,
Messieurs les Membres du Conseil Provincial de Sécurité,
Monsieur le Maire de la Ville de Matadi,
Distingués Invités,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Trente Juin 1960, Trente Juin 2010, voici exactement cinquante ans que le Congo Belge accédait à l’indépendance, dans une indescriptible allégresse de ses filles et fils, mettant ainsi fin à soixante-quinze ans de colonisation.
Pour marquer ce jubilé d’or de notre indépendance, Son Excellence Monsieur le Président de la République, à qui nous rendons nos hommages les plus déférents, a voulu lui donner un cachet et un faste particuliers. C’est ainsi qu’il a créé le Commissariat Général au Cinquantenaire qui a déployé et continue à déployer une activité aussi intense que variée à travers toute la République, activité dont le point fort a été, en ce qui concerne notre province, la conférence tenue à Matadi le 17 juin dernier.
Cependant, le faste légitime et les flonflons de joie qui marquent l’événement historique de ce jour, ne doivent pas faire oublier l’impérieux devoir que nous avons tous de nous interroger sur le chemin parcouru et sur le bilan de ces cinquante années d’indépendance afin de pouvoir repartir du bon pied.
Plus précisément, la question que nous devons nous poser aujourd’hui est celle de savoir si nous avons respecté le serment que nous avons fait, il y a exactement cinquante ans, celui de « bâtir un pays plus beau qu’avant ».
Sans crainte d’être démenti, nous pouvons affirmer que la réponse à cette question est carrément négative, ainsi que le reconnaissent les bilans faits par les autorités congolaises elles-mêmes et ainsi que l’attestent aussi les rapports des institutions internationales et des centres de recherche tant nationaux qu’étrangers.
En effet, la situation économique et, par conséquent, les conditions de vie des congolais n’ont fait que se détériorer depuis cinquante ans. A titre illustratif, nous pouvons mentionner quelques faits ci-après :
Il y a cinquante ans, l’état du réseau routier était tel que l’on pouvait aller de la Pointe de Banana, chez nous au Bas-Congo, à Kasumbalesa dans le Katanga, ou à Zongo dans l’Equateur ou à Aru dans la Province Orientale, en petite voiture. Aujourd’hui, ces trajets sont difficilement envisageables même avec les véhicules « tout terrain » les plus robustes.
Il y a cinquante ans, les voyages sur le chemin de fer Léopoldville / Kinshasa-Matadi et Port-Franqui / Ilebo-Elisabethville/ Lubumbashi faisaient partie du circuit recommandé aux touristes étrangers. Aujourd’hui, le marcheur téméraire peut parfois arriver à destination avant le train.
Il y a cinquante ans, l’agriculture congolaise était la plus prospère d’Afrique, le pays était le plus grand exportateur de certains produits tropicaux comme le café, le cacao, l’huile de palme ou le caoutchouc, avec une recherche agronomique en pointe et de réputation internationale. Aujourd’hui, notre pays a été pratiquement rayé de la liste des pays exportateurs des produits agricoles, malgré un potentiel agricole qui le place en deuxième position comme réserve mondiale en terres arables mécanisables après le Brésil, tandis que sa recherche agronomique n’est plus que l’ombre d’elle-même.
Il y a cinquante ans, l’industrie manufacturière congolaise était la première de l’Afrique sub-saharienne. Aujourd’hui elle a perdu des pans entiers au profit des produits similaires importés.
Il y a cinquante ans, un courrier envoyé de n’importe quel coin de la République était certain d’arriver à n’importe quel point de destination. Aujourd’hui, il faut recourir à des agences hors de portée du commun des mortels pour pouvoir bénéficier du même service.
Il y a cinquante ans, la couverture sanitaire arrivait jusque dans les villages les plus reculés du pays et le système des soins de santé était l’un des meilleurs du Continent à tel point que les Sud-Africains venaient se faire soigner à Elisabethville/Lubumbashi. Aujourd’hui, la plupart de nos compatriotes tant en milieu urbain qu’en milieu rural n’ont pas d’accès à des soins de santé appropriés faute d’infrastructures adéquates et surtout faute de moyens, tandis que l’Afrique du Sud est devenue une des destinations de prédilection pour tous les congolais qui souhaitent bénéficier de soins de santé répondant à des standards internationaux.
Il y a cinquante ans, n’importe quel parent pouvait assurer la scolarisation de sa progéniture jusqu’au niveau secondaire avec le seul revenu de son travail agricole, l’Etat prenant totalement le relais au niveau universitaire avec des bourses d’études accessibles à tous. Aujourd’hui, la scolarisation des enfants relève du chemin de la croix pour la plupart des parents, y compris les enseignants eux-mêmes, tandis que la bourse d’études fait partie de l’exception dont ne peuvent bénéficier que quelques rares privilégiés.
Honorables,
Excellences,
Distingués Invités,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Cette détérioration généralisée de la situation économique et sociale de notre pays est imputable, en très grande partie, à l’incurie de l’homme politique congolais, toutes générations confondues.
Cette incurie a pris la forme de nombreux maux dont nous pouvons citer les cinq qui nous paraissent les plus significatifs. Primo, la dictature, source de nombreuses frustrations politiques qui ont été à la base de certaines guerres et rébellions, qui, à leur tour, ont détruit les infrastructures économiques et sociales des zones concernées sans compter les dégâts causés à l’environnement et surtout à l’homme, moteur de tout développement. Secundo, la gabegie financière et le détournement des deniers publics qui ont rendu l’Etat exsangue et donc totalement incapable de faire face à ses obligations les plus élémentaires. Tertio, les mauvais choix économiques, en particulier la « zaïrianisation » de triste mémoire, qui ont totalement sapé les bases de notre économie. Quarto, le clientélisme politique, le népotisme et le tribalisme qui ont littéralement livré des postes de haute responsabilité à des mains inexpertes, mettant ainsi les structures politiques, économiques et sociales concernées dans l’incapacité totale de réaliser les objectifs leur assignés. Quinto, l’hypercentralisation du pays qui a fait que les décisions vitales pour les populations de l’arrière-pays étaient prises par des personnes trop éloignées des réalités du terrain.
Ainsi donc, si aucune action résolue ne vient éradiquer ces maux, les mêmes causes produiront les même effets et, par conséquent, les cinquante prochaines années seront à l’image de celles que nous venons de vivre, à savoir : détérioration de la situation économique du pays et aggravation des conditions de vie de nos populations.
Honorables,
Excellences,
Distingués Invités,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Quelle que soit la longueur de la nuit, dit-on, le jour finit toujours par poindre.
Pour notre pays, ce jour est arrivé avec le processus démocratique voulu et soutenu, contre vents et marrées par Son Excellence Joseph KABILA KABANGE. Sa ténacité et son courage ont eu raison de tous les obstacles qui se sont dressés sur le chemin de la démocratisation de notre pays.
Cette démocratisation a eu plusieurs temps forts dont vous permettez que nous puissions retenir deux qui nous paraissent particulièrement importants au regard de notre réflexion de ce jour.
Premier temps fort, l’adoption de la Constitution de la République Démocratique du Congo en juin 2006, Constitution qui notamment, d’une part, consacre la très large décentralisation du pays, rapprochant ainsi les décideurs des administrés, et, d’autre part, confie la gestion de toutes les entités décentralisées à des élus.
Deuxième temps fort, les élections générales de fin 2006-début 2007 qui ont permis aux congolais de se choisir librement leur Président ainsi que leurs représentants au niveau tant national que provincial. Désormais donc, ne peut exercer le pouvoir à ces deux niveaux que celui qui a reçu mandat directement du peuple, souverain primaire. Tout détenteur du pouvoir est donc obligé aujourd’hui de travailler conformément aux intérêts du souverain primaire de qui il détient son mandat si, bien entendu, il veut avoir la chance d’être reconduit à ses fonctions.
Voilà donc les deux avancées significatives du processus démocratique qui nous permettent de penser et de croire que le jour s’est enfin levé sur la longue nuit dans laquelle notre pays était plongé et que tout est désormais en marche pour un avenir meilleur.
C’est dans ce cadre d’ailleurs que nous pouvons situer les « Cinq Chantiers » du quinquennat de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Cinq Chantiers dont le plus visible est celui de la reconstruction et de la modernisation des infrastructures de communication, en vue de rattraper le temps perdu et préparer les bases d’une relance à grande échelle.
Honorables,
Excellences,
Distingués Invités,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Nous, au niveau de la Province, nous relayons, en dépit de maigres ressources financières, les efforts du Gouvernement Central en réalisant plusieurs actions dans le cadre des Cinq Chantiers.
Loin de nous l’idée de faire ici le bilan de notre action depuis que nous sommes à la tête de la Province du Bas-Congo. Nous voulons néanmoins présenter quelques grandes réalisations du Gouvernement Provincial dans les domaines des infrastructures, de l’éducation et de la santé, de l’eau et de l’électricité, de l’emploi et du logement, qui constituent, somme toute, les Cinq Chantiers de la République.
Dans le domaine des infrastructures, votre Gouvernement a initié un programme d’urgence pour réhabiliter mille deux cent trente kilomètres des routes dont six cents kilomètres des routes de dessertes agricoles et six cent trente kilomètres des routes provinciales, et ce, dans tous les Territoires.
Certaines routes importantes sont en pleine construction tandis que d’autres ont été complètement réhabilitées dans la Province. C’est le cas notamment de la route Nsona Nkulu dans le Territoire de Mbanza Ngungu, la route Kinzau Mvuete-Seke Banza dans le Territoire de Seke Banza, la route ceinture, de Kinkanda, de Buima et l’Avenue Sonas dans la Ville de Matadi, la Route Laurent Désiré Kabila dans la Ville de Boma et j’en passe.
Entretemps, le Gouvernement Provincial a construit à ce jour vingt-neuf ponts et plusieurs dalots de par les Territoires. D’autres actions, non de moindre, dont je me réserve de citer, ont été réalisées dans le cadre de l’embellissement et de l’assainissement de nos deux villes ainsi que des cités rurales.
Dans le domaine de l’éducation, votre Gouvernement n’est point resté inerte. Il s’implique jour et nuit pour l’amélioration des conditions d’accès à l’éducation et de la qualité de l’enseignement. Il vient à cet effet de construire dans chaque Territoire une école moderne et un bâtiment facultaire pour l’Université Kongo à Mbanza Ngungu, dont la série d’inaugurations interviendra dans les prochains jours.
Avec le Fonds Social de la République, la Province a financé les 10% exigés à la Communauté de base pour la réhabilitation de vingt sept écoles à travers la Province. Nous avons par ailleurs pris soin de doter certaines écoles en bancs-pupitres, en kits complets des ordinateurs et en kits et manuels scolaires pour une meilleure scolarisation de nos enfants. La Province a en outre doté les Inspecteurs de l’Enseignement primaire et secondaire des motos afin de faciliter leur mobilité et de les rendre par conséquent plus efficaces.
Le domaine de la santé est aussi en mouvement dans la province grâce à la politique mise en place visant à prévenir les cas pathologiques et à améliorer sensiblement les conditions d’administration des soins de santé. Nous pouvons à cet effet citer quelques actions que nous avons menées à savoir :
- La construction dans chaque Territoire d’un centre de santé moderne ;
- l’achat des équipements médico-sanitaires pour 80 Centres et Hôpitaux généraux de référence de la province, d’une valeur de 2 600 000 dollars américains ;
- l’achat de 14 ambulances pour les Hôpitaux Généraux de Référence (Boma, Matadi, Seke banza, Kasangulu, Nsona Nkulu, Luozi, Kuimba, …) ;
- la construction de 5 morgues (Kasangulu, Kimpese, Moanda, Lukula et Matadi) ;
- la réhabilitation de la morgue de Boma et de Matadi ;
- la dotation des groupes électrogènes dans certains hôpitaux (Kiamvu, Mfuma Kibambi, Seke-Banza, Kionzo, ….) ;
- la réhabilitation complète des hôpitaux généraux de référence de Massa et de Kimvula ;
- la Construction d’un hangar pour Hôpital général de Nsona Nkulu ;
- la construction des allées principales à l’Hôpital Saint Luc de kisantu et j’en passe.
Dans le domaine de l’énergie, votre Gouvernement n’a cessé de déployer des efforts pour faciliter l’accès de toute la population à l’eau potable et à l’électricité. C’est dans cette logique qu’il faudra comprendre la concrétisation de nombreux projets d’adduction d’eau potable dans les Territoires et Villes de la province.
Il en est de même pour la Société Nationale d’Electricité qui a bénéficié d’un appui remarquable de la Province pour l’électrification du Territoire de Tshela d’un montant de 1 600 000 dollars américains, de la Cité de Mangala, et de Kwakwa.
Dans le domaine de l’emploi, votre Gouvernement s’est toujours impliqué pour l’amélioration des conditions de travail à travers de nombreux contacts avec les employeurs, la Fédération des Entreprises du Congo afin de maintenir un bon climat social et éviter des grèves, marches et autres actes similaires qui perturbent la sécurité et l’ordre publics.
Par ailleurs, grâce à la politique des investissements que nous avons mise en place, certaines des unités de production sont maintenant installées ou sont phase de l’être avec comme corollaire, la création des emplois dans la Province.
Enfin, le domaine de logement n’a pas été oublié. Le Gouvernement Provincial s’est investi pour la construction des maisons jumelées pour les cadres territoriaux à Madimba, des Baraques au Camp REDJAF pour les Officiers militaires à Matadi ; la reconstruction des maisons détruites lors des intempéries à Kasi, Luozi, Kasangulu…
Honorable Président de l’Assemblée Provinciale,
Honorables Sénateurs et Députés Nationaux,
Honorables Députés Provinciaux,
Excellences Monsieur le Vice-Gouverneur,
Excellences Madame et Messieurs les Ministres Provinciaux,
Messieurs les Membres du Conseil Provincial de Sécurité,
Monsieur le Maire de la Ville de Matadi,
Distingués Invités,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Pour terminer, je voudrais vous rassurer que le Gouvernement Provincial que j’ai l’insigne honneur de diriger, n’entend pas ménager les efforts pour continuer à travailler durement afin d’améliorer le vécu quotidien de la population du Bas-Congo ; et ce, conformément à son programme d’actions.
Quant à ce qui me concerne, je tiens ici à vous réaffirmer ma détermination de continuer à vous servir avec la même volonté, même ardeur pour honorer ainsi les engagements que j’ai personnellement et solennellement pris.
Pour que notre province le Bas-Congo soit demain réellement meilleur qu’hier et qu’aujourd’hui, je vous exhorte à cultiver l’amour de la patrie et l’amour du prochain : deux valeurs cardinales pour un progrès sociétal harmonieux.
C’est sur cette note d’espoir que je vous adresse, à vous tous ici présents, et, à travers vous, à toute la population du Bas-Congo, une très joyeuse fête du jubilé d’or de l’indépendance de notre pays.
Que vive la République Démocratique du Congo, notre cher et beau pays.
Que vive la Province du Bas-Congo, terre de paix et de prospérité.
Que vive Son Excellence Monsieur le Président de la République.
Je vous vous remercie.






