Fête du jubilé d’or de l’indépendance de la RDCongo : une aubaine pour les couturières, couturiers, coiffeurs et tenanciers des bars-dancings.
Comme à la date du 1er mai marquant la journée internationale de travail, les festivités commémoratives du 30 juin ont toujours été une occasion pour les organisations socio-professionnelles de les préparer avec faste. En dépit de maigres moyens financiers, ces journées sont considérées comme étant des moments de déploiement de toutes les forces vives locales à travers de grandioses manifestations et défilés. Il n’en pouvait pas être autrement dans la mesure où ces dates historiques sont des témoignages éloquents pour le peuple congolais appelés à s’adhérer dans l’esprit de ceux qui se sont dépensés dans la lutte pour l’amélioration des conditions de vie et de la libération du colonialisme.
Il se remarque que la date du 30 juin depuis 1960 est entrée dans l’histoire de la République Démocratique du Congo. Elle constitue un moment historique au cours de laquelle le peuple congolais a tourné la page de son appartenance à un pays colonisé par le Royaume de Belgique. Depuis de longues années, cette fête est capitalisée par les différentes structures organisées pour se faire coudre des chemises et pagnes aux divers motifs de l’indépendance. La distribution de ces pagnes dans des entreprises se dispute et se négocie. Personne ne veut manquer ces pagnes. Les commerçants s’arrangent de leur côté pour les procurer afin de les mettre à la portée d’éventuels acheteurs. Les prix varient selon la qualité. L’essentiel c’est d’être en possession de ce pagne événementiel quelle qu’en soit la qualité. C’est cela participer à la fête avec le pagne de circonstance. Les commerçants tirent des dividendes dans la vente. Cette fête marquant les 50 ans d’existence de la République Démocratique du Congo est le 1er cinquantenaire de ce pays au cœur de l’Afrique. Cela valait d’être vécu. Puisque ces nombreuses personnes d’un certain âge sont incertaines de vivre le centenaire de ce pays cher à Simon Kimbangu et à Joseph Kasavubu et pourquoi au Cardinal Joseph Albert Malula.
Les couturières et couturiers ne sont pas en reste. Ils trouvent leur compte dans la couture. Ils sont sollicités de partout. Certains ne dorment même pas pour satisfaire à la demande de leurs éventuels clients. Il faut tout faire pour ne pas décevoir ses clients de peur de ne plus les revoir aux prochaines occasions. Car, quand on n’a perdu un ou deux clients, la liste pourrait être longue à la prochaine occasion. Le client est roi, dit-on. Il est tout à fait vrai et vérifiable que les couturiers et couturières font réellement fortune. Les prix des services diffèrent selon les milieux et la classe du couturier ou de la couturière. La mode influence aussi sur la facture à libérer. Selon un couturier contacté, ce dernier a reconnu que pendant les grandes fêtes telles que le 1er mai et le 30 juin, ils font des recettes. Ils récupèrent le manque à gagner de chaque jour. Parce qu’il est devenu très rare de voir une forte affluence de clients pendant des moments ordinaires compte tenu de la basse conjoncture qui sévit dans le pays. Plus d’une personne accourent vers les friperies pour s’habiller. N’oublions pas aussi les décorateurs. Malgré quelques fautes d’orthographe qu’ils font passer à travers leurs calicots et pancartes, ils sont mis à contribution par les nombreux demandeurs. Les textes dépendent d’un événement à un autre.
En un mot comme en dix, les couturiers et couturières se réjouissent à la proche de ces dates. Car, ils savent que ce sont des moments juteux et mielleux pour refaire ses économies. Il suffit de faire le tour des salons de couture pour se rendre compte de la manière dont les clients préparant leur participation aux défilés organisés pour la circonstance. Les salons de coiffure sont aussi pris d’assaut. Au nombre de personnes qui fréquentent circonstantiellement ces salons de coiffure éparpillés dans chaque coin de rue, la gent féminine occupe une place de choix avec ses multiples modèles. Les coiffeurs et coiffeuses se font de l’argent. Tout comme les vendeurs des mèches et postiches, ils trouvent ces périodes grasses avec des recettes qu’ils réalisent. Les tenanciers des bars-dancings, eux aussi, se réjouissent. Les terrasses et autres nganda sont occupés. Des places et boissons ne résistent pas parfois au nombre écrasant des clients. Malheur à ces tenanciers des bars-dancings qu’ils se sont fait prendre en otage par les sociétés brassicoles en ne vendant que des produits de ces maisons respectives. Ils ratent des clients parce que tous ne sont obligés de faire agenouiller devant les caprices de ces tenanciers fidèles à la lettre à leurs « producteurs brassicoles ». Très souvent, ces réjouissances populaires se terminent toujours en queue de poisson. Because : la distribution de la boisson et parfois de la nourriture se fait de manière inéquitable.
LUZOLO N’ZEKA.






