Mbatshi Batshia
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PAGE D’HISTOIRE.-

Depuis l’accession à l’indépendance de la République Démocratique du Congo, le jeudi 3O Juin 196O,

L’O.N.U EST INTERVENUE TROIS FOIS. L’ONUC A ETE LA PREMIERE.

° Le Secrétaire Général de l’ONU, Dag Hammarskjöld mourut dans un crash d’avion en pleine négociation de la crise en République Démocratique du Congo entre Tshombé et le gouvernement de Kinshasa. C’était le 18 septembre 1961.-

Fidèle au document en notre possession, nous nous sommes fait le devoir de rappeler l’historique de la présence de l’Organisation des Nations Unies en République Démocratique du Congo depuis les premières heures de son indépendance le 3O Juin 196O sous la direction du Chef de l’Etat, Joseph Kasavubu. Il sied de reconnaître que depuis ce pays est au cœur de l’Afrique s’est débarrassé du joug colonial belge, tous les gouvernements qui se sont succédé ont bénéficié de l’apport des Nations Unies. Dont la République Démocratique du Congo est membre à part entière. C’est sans aucune prétention de croire dur comme fer que ce récit est d’une fidélité sans reproches. Chacun de nous pourrait donner un plus par rapport aux réalités vécues en cette période où démarrèrent de manière timide les malheurs du Congo-Kinshasa C’est un document historique qui n’aura pas de fins tant que d’autres éléments s’ajouteront. Que les générations futures s’en réfèrent afin qu’elles sachent de quoi avait été fait le passé.

A l’aube du jubilé d’or de la RDCongo , l’Organisation des Nations Unies, créé en 1945, est déjà intervenue militairement à trois reprises dans ce brasier incandescent au cœur de l’Afrique. Si l’actuelle intervention sous forme de la Mission des Nations Unies eu Congo (Monuc) est devenue familière car elle s’inscrit dans l’actualité, la première présence onusienne reste vague, suite à l’écoulement du temps.

En effet, près de deux semaines après le 3O juin 196O, alors que le jeune Congo prenait feu de toutes parts, l’ONU fut amenée à se frotter au bourbier de l’ancienne colonie (Congo) belge. Ce fut l’ONUC : « Opération des Nations Unies au Congo ». L’ONU y paya un très lourd tribut avec la mort de son Secrétaire Général, Dag Hammarskjöld, dans un accident d’avion. Par le biais de l’Onuc, la sécession katangaise fut mâtée par la force et le feu des armes : un des avions de combat qui mit fin à l’aventure de Moïse Tshombé se trouve actuellement se trouve (encore) à l’Unikin, derrière la Faculté de Polytechnique.

DE LA DEMANDE CONJOINTE DE LUMUMBA ET KASAVUBU.-

Une fois franchi le rubicon de l’indépendance, toute l’architecture constitutionnelle de la loi fondamentale vola en éclats. Le pays fut aspiré dans une violence inouïe. En effet, les acteurs politiques congolais, et avant eux les autorités coloniales, avaient très mal géré le dossier de l’armée. Cette grenade, déjà dégoupillée par les fortes frustrations des troupes de la Force Publique , explosa bruyamment le 5 juillet, après la malheureuse équation du Général Emile Jansens : « Après l’indépendance égale avant l’indépendance ». Toutes les garnisons se mutinent violemment, la Belgique fait intervenir ses troupes métropolitaines, le tableau se corse avec la sécession katangaise. Le duo Kasavubu-Lumumba qui se déplace partout pour éteindre le feu prend conscience de la gravité de la situation.

Le 12 juillet 196O, au lendemain de la sécession de Tshombe, ils sont à Luluabourg (Kananga) où l’adjudant Kokolo qu’ils avaient envoyé à Elisabeth (L’shi) avec une délé gation gouvernementale, est refoulé par les militaires belges, et porteur d’un message de Moïse Kapend Tshombe : « si Kasavubu et Lumumba débarquaient à Elisabeth, ils seraient faits prisonniers ». Ayant décidé de relever le défi, les deux personnalités mettent le cap sur Elisabeth qu’ils atteignent à 21 heures 3O’. Godefroid Munongo, Ministre de l’Intérieur du Katanga, refuse carrément d’autoriser l’atterrissage de l’avion présidentiel qui rebrousse chemin honteusement vers Luluabourg (Kananga). Dès l’arrivée à Luluabourg, Lumumba envoie un télégramme au Secrétaire Général de l’ONU demandant une aide militaire pour contrer l’agression contre le Congo. Ce télégramme fut signé par Kasavubu et Lumumba. Il y eut deux autres adressés à l’ONU. Le 11 juillet Moïse Tshombe proclame l’indépendance de la Province du Katanga. Il est élu Président de l’Etat indépendant avec l’assentiment tacite de la plupart des gouvernements étrangers. Les dés sont jetés. C’est le début d’une guerre civile qui aura des répercussions internationales. Le 13 juillet, le Conseil de Sécurité de l’ONU adopte sa toute première résolution sur le Congo. L’ONU « fait appel au gouvernement belge pour qu’il retire ses troupes du territoire de la République du Congo, décide d’autoriser le Secrétaire Général à prendre, en consultation avec le gouvernement de la République du Congo, les mesures nécessaires en vue de fournir à ce gouvernement l’assistance militaire dont il a besoin ».La sécession katangaise a pris fin le 17 janvier 1963 grâce à l’intervention des forces de l’ONU.

Dès le départ, il y avait eu un terrible malentendu entre Lumumba et l’ONU autours des objectifs de cette intervention sollicitée. Pour le 1er Ministre congolais, la raison fondamentale de la présence onusienne au Congo était de maintenir l’ordre et restaurer l’intégrité du territoire national, Katanga y compris. Pour Lumumba donc, l’ONU n’avait qu’agir en tant que substitut du gouvernement congolais, et à la demande de celui-ci, l’objectif primordial était d’abord et avant tout d’empêcher la crise congolaise de devenir l’occasion d’un conflit plus étendu. Lumumba avait vite compris que l’ONU n’avait pas l’intention de lancer une action déterminée en vue de réduire par la force la sécession katangaise. Il menaça alors de faire appel à l’URSS et aux pays afro-asiatiques : les non alignés. Le Secrétaire Général de l’ONU recruta les casques bleus qu’il mit sous le commandement de ses compatriotes suédois, le Général Von Horm.

Son représentant au Congo sera Ralph Bunch, un Noir Américain, Prix Nobel de la Paix en 195O et Secrétaire Général Adjoint de l’Onu pour les affaires politiques spéciales. Le premier pays ayant accepté d’offrir les casques bleus fut le Ghana de Kwamé Khrumah, suivi par l’Ethiopie de l’Empereur Haïle Selassie, la Tunisie de Bourguiba, le Maroc du Roi Mohammed V, le Guinée de Sékou-Touré et la Suède , pays d’origine du Secrétaire Général de l’ONU. Sur le terrain, les troupes belges continuent à attaquer. Elles interviennent à Kindu, Goma, Banningville, Bunia. Les casques bleus s’installent partout au Congo, sauf au Katanga. De fortes pressions diplomatiques sur la Belgique conduisent l’ancienne puissance coloniale à retirer ses troupes de tout le Congo le 4 août 196O pour les replier sur les bases de Kamina et de Kitona.

Le 22 juillet, le Conseil de Sécurité prend sa deuxième résolution sur le Congo : tous les Etats sont priés de s’abstenir de toute action qui pourrait tendre à empêcher le rétablissement de l’ordre public et l’exercice de son autorité par le gouvernement congolais. Le 8 août, jour où Albert Kalondji créait l’Etat autonome du Sud-Kasaï, la troisième résolution, tout en trouvant nécessaire l’entrée des casques bleus au Katanga, précisa curieusement aussitôt que la « force des Nations Unies au Congo ne fera partie à aucun conflit interne, constitutionnel ou autre, qu’elle n’interviendra en aucune façon dans un tel conflit ou ne sera pas utilisée pour en influencer l’issue ». Curieusement contradiction quand on sait que les casques bleus ont désarmé une grande partie de l’armée nationale, mais laissent libres les troupes belges armées et n’attaquent pas le Katanga. Excédé, Lumumba se rend à New York où il rencontre le Secrétaire Général de l’Onu qui lui garantit une aide civile et une liquidation de la sécession katangaise.

Le Secrétaire Général de l’Onu fera alors un voyage au Congo où, impressionné par les menaces des Tshombe, il décommande l’envoi des casques bleus au Katanga. Deux semaines après, le Secrétaire Général revient au Congo. Il sera reçu au Katanga par Tshombe qu’il endort en s’inclinant respectueusement devant le drapeau à croisettes du Katanga et en déclarant que les Nations Unies ne vont pas intervenir dans les affaires internes congolaises mais veilleront à ce que le conflit ne mette pas en danger la paix internationale. Tshombe, tout heureux, fait une concession de taille. Les casques bleus qui accompagnent le Secrétaire Général relèvent les troupes belges à l’aéroport de Luano. Ces casques bleus seront, petit à petit, renforcés pour devenir puissants.

RUPTURE DE LUMUMBA D’AVEC L’O.N.U.-

L’incident du drapeau avait mis le gouvernement central dans tous ses états. Lumumba signifie le 15 août à M. Dag Hammarskjöld qu’il « n’a plus la confiance du peuple congolais ». Il se tourne alors vers les pays afro-asiatiques et vers Moscou pour liquider la sécession du Katanga. La méfiance s’accroît et débouche sur des incidents fréquents entre les militaires congolais de l’ANC et les casques bleus. La rupture entre Lumumba et Dag Hammarskjöld est consommée, quand ce dernier qualifie, au nom de l’Onu, les tueries perpétrées par l’Anc à Bakwanga de « génocide ». En plus, Dag Hammarskjöld trouvera légale la révocation de Lumumba par Kasavubu. Presque tous ses proches collaborateurs du Secrétaire Général de l’ONU sont hostiles à Lumumba. Après la révocation de Lumumba, le Congo expérimente un dédoublement gouvernemental.

Selon notre source qu’est Charles Tshilombo Munyengayi, le Sud Kasaï n’a jamais fait sécession vis-à-vis de Léopoldville contrairement au Katanga. Le processus, dira-t-il, avait amené à la création de m’entité « Sud Kasaï » fut la résultante de la mauvaise gestion d’un double duel à la veille de l’indépendance : d’abord le conflit sanglant, inutile et bête entre Luba et Lulua à Luluabourg, ensuite la rivalité et l’inimitié irréductible entre Albert Kalondji et Patrice Lumumba à la suite de l’e l’éclatement du Mnc en deux ailes pilotées chacune par ces deux poids lourds. La même source indique : « le 7 septembre 1960, Lumumba avait informé le Parlement central que durant sa visite le 11 juillet à Luluabourg, il avait insisté auprès de ses interlocuteurs du « Front Commun » sur l’urgence de réformer le gouvernement provincial du Kasaï aux fins de donner satisfaction aux Luba. Cela ne fut pas fait. Dès le 26 juillet, des informations alarmistes venant de Bakwanga faisaient déjà état de la proclamation pour le 3O juillet de la « province minière ». En effet, Albert Kalondji s’était rendu à Elisabeth où le Katanga était en sécession depuis le 11 juillet 196O. Il y sollicita l’aide de l’Union Minière du Haut Katanga et Moïse Tshombe Kapend dont l’opposition et l’inimitié envers Patrice Lumumba étaient notoires : L’ennemi de mon ennemi est mon ami ». Le 9 août 196O, A. Kalondji proclama à partir d’Elisabeth l’érection de Bakwanga en capitale de l’Etat minier.

Sa déclaration était très dure envers Patrice Lumumba : « Conformément à la Charte des Nations Unies qui permet à tous les peuples de disposer d’eux-mêmes, vu la faute grave commise par la Belgique en imposant à la tête du Congo le sinistre Lumumba, étant donné que pareille décision n’a pas rencontré l’accord unanime de la population congolaise, vu les antécédents de l’intéressé , vu son incompétence devant les problèmes du pays après l’indépendance, étant donné son manque de bon sens et de loyalisme, et que Lumumba est à la remorque des communistes, ennemis de la liberté, vu le vœu unanime du peuple muluba et de ses alliés éparpillés dans le Congo, et son désir de se conférer avec les autres Etats indépendants de l’ex-Congo-Belge, je proclame aujourd’hui 9 août 196O en tant que Chef suprême du peuple muluba et protecteur incontesté de toutes les tribus associées à notre sort, l’indépendance de l’Etat minier représenté par la Province minière détachée de l’ex-Kasaï »

Comme conséquence, les deux délégations congolaises se rendent à New York celle du Président Kasavubu conduite par Jean-Marie Bomboko et celle de Lumumba conduite par Thomas Kanza. Le Conseil de Sécurité éconduit les deux délégations malgré le fait que la demande congolaise d’admission aux Nations Unies fut acceptée le 2O septembre. Le Ghana, la Guinée et le Maroc déposent le premier projet de résolution demandant à l’Assemblée Générale de faire siéger immédiatement les représentant du gouvernement central de la République du Congo : Kasavubu et Bomboko protestent. Le 28 octobre, un nouveau projet de résolution de soutien à Lubumbashi est déposé par le Ceylan, le Ghana, la Guinée , l’Inde, l’Indonésie, le Mali, le Maroc et l’Egypte. Il apparaît évident que les Etats afro-asiatiques risquent de faire pencher, à l’intérieur de l’Onu, la décision vers la délégation de Lumumba. Kasavubu se décide de se rendre personnellement à New York pour faire accréditer sa délégation. Il s’adresse à l’Assemblée Générale de l’Onu dans un discours simple et pathétique : « qu’il me soit permis de rappeler ici que suivant l’ordre juridique interne du pays, seul le Chef de l’Etat a le droit de désigner des représentants. La prétention que pourrait avoir toute autre soi-disant représentation de la République du Congo de parler en son nom ne pourrait être retenue. Dois-je vous rappeler, en effet, que c’est le Chef de l’Etat congolais qui s’adresse ici à vous ? …Le Chef de l’Etat est actuellement le porte-parole incontestable du peuple congolais. Aucune autre institution n’est légalement compétente, et effectivement en mesure de le représenter devant vous ». Finalement, c’est la délégation envoyée par le Chef de l’Etat qui fut admise à siéger à l’Onu.

QUID DE L’ASSASSINAT OU DE LA MORT DE LUMUMBA : EST-CE UNE IMPLICATION DE L’ONU ?

Après que Lumumba, Okito et Mpolo aient été arrêtés au Kasaï par le Major Gilbert Mpongo (Père de feue la chanteuse Mpongo Love), l’ONU réagit prudemment. Le Secrétaire Général de l’Onu envoie deux lettres à Kasavubu « l’invitant à tenir compte de l’émotion provoquée par l’événement dans de nombreux pays membres de l’ONU, à veiller au respect de grands principes humanitaires, à assurer au Premier Ministre déchu un procès équitable, si procès il y a, et enfin à se souvenir que le Président lui-même a proposé une réconciliation nationale incluant l’ancien chef du gouvernement..

Kasavubu y répond en énumérant les chefs d’inculpation retenus contre Lumumba notamment celui des tortures corporelles et de génocide au Kasaï. Il ajoute d’un ton assez amertume : « l’arrestation aurait eu lieu bien plis tôt si l’Onu ne s’y était opposé ». Alors que la mort remontait au 17 janvier 1961, elle ne sera annoncée officiellement par le gouvernement katangais que le 13 février 1961. L’émotion soulevée dans le monde par cette mort amène le Conseil de sécurité à prendre sa quatrième résolution sur le Congo le 21 février. Ce fut un tournant décisif dans l’attitude des Nations Unies à l’égard du Congo. Car, elle allait directement à l’encontre de l’interprétation du Secrétaire Général Dag Hammarskjöld selon laquelle l’Onu ne serait partie à aucun conflit interne et ne servirait des armes dans les régions occupées par elle, qu’en cas de légitime défense. La résolution recommandait aux Nations Unies de prendre immédiatement toutes mesures appropriées pour empêcher le déclenchement d’une guerre civile au Congo notamment le recours à la force, si besoin est, en dernier ressort. Cette résolution fut perçue dans le jeune Etat comme une menace à l’indépendance du Congo en autorisant les Nations Unies à prendre l’initiative d’opérations militaires, chaque fois qu’elles l’estimaient nécessaire pour empêcher une guerre civile.

En réaction se constitua l’axe politico-militaire entre Léopoldville, Bakwanga et Elisabethville. Conscient du grave malentendu créé par cette résolution auprès des autorités congolaises, le Secrétaire Général de l’Onu envoie auprès de Kasavubu une délégation qui lui fait comprendre qu’il n’a jamais été question pour l’Onu de procéder au désarmement de l’ANC. En outre, l’Onu a reçu mission de convoquer le parlement congolais et d’adopter des mesures de protection nécessaires à cet égard, et que c’est Kasavubu, et à lui seul qu’il revient de convoquer le parlement en parfaite entente avec l’Onu. Depuis l’ajournement du parlement en septembre 196O, ce devant être le retour sur scène des Chambres. Le site de l’Université Lovanium (actuelle Unikin) fut choisi. L’implication de l’Onu fut décisive, importante et décisive, ce, en amont tout comme en aval.

Les délégués de l’Onu s’employèrent à convaincre tous les politiciens congolais. Dans la perspective du « Conclave de Lovanium », l’ONU s’occupa activement de toute la logique : transport, hébergement et sécurité des parlementaires. La prise en compte onusienne fut totale. De ce conclave sorti le gouvernement Adoula, comme successeur légal du gouvernement Lumumba.

L’ONU ECRASE LE KATANGA PAR LES ARMES.-

La mort de Lumumba joua comme un puissant déclic dans la modification du regard que le reste du monde portait sure le cas congolais. Les grandes puissances évoluent vers une vision tendant à mettre fin à la sécession katangaise perçue comme le plus grand défi. John Kennedy qui vient d’accéder à la Présidence américaine, est visiblement déterminé à soutenir Léopoldville. Il y envoie un nouvel Ambassadeur Edmund Gul Lion plus combatif que l’ancien Timberlake. Les troupes indiennes viennent renforcer militairement l’Onu. Ces ‘’ Gurkhas’’ ont pour mission de ne pas hésiter à attaquer quiconque s’opposera aux plans de l’Onu. Plus concrètement, Moïse Tshombe sera attaqué militairement. Les Gurkhas indiens seront bientôt remplacées par des troupes suédoises et irlandaises. La Belgique change carrément sa position pro-katangaise pour appuyer Léopoldville. Son nouveau Ministre des Affaires Etrangères, Paul Henri Spaak, déclare que : « Tshombe est un rebelle puissant mais c’est un rebelle ». La première attaque onusienne arrive le 28 août 1961 mais échouera peu après suite à la forte résistance des gendarmes katangais renforcés par des officiers belges et des mercenaires : les affreux. Il s’en suivra une longue et difficile série de négociations entre l’Onu et Tshombe.

C’est à l’occasion d’un rendez-vous de ce genre à Ndola (actuelle Zambie) que l’avion du Secrétaire Général de l’ONU s’écrasera. La mort de Dag Hammarskjöld suscita au monde entier une émotion énorme. Le Conseil de Sécurité de l’ONU vote une résolution forte et ferme donnant au nouveau Secrétaire Général Un Thant de nationalité birmanienne ‘’ tout pouvoir pour chasser les mercenaires du Katanga et imposer par la force le ralliement de la province sécessionniste au gouvernement provincial ‘’

Plus forts encore seront les propos du nouvel Ambassadeur Américain à Léopoldville, la sécession katangaise ne pourra pas être liquidée sans effusion de sang. Les Etats-Unis accroissent très considérablement leur aide militaire aux casques bleus de l’ONU. L’attaque décisive interviendra au début de 1963. Après avoir neutralisé Elisabethville, les Casques Bleus prennent Jadotville (Likasi) le 3 janvier. Alors, les Gurkhas foncent sur Kolwezi, ils franchissent le Pont sur le Lualaba et prennent le contrôle de Kolwezi le 21 janvier. Tshombe capitule et proclame la fin de la sécession katangaise. L’ONU a gagné militairement et politiquement. C’est ici que s’arrêtent les deux temps forts de la présence des Nations Unies en République Démocratique du Congo. La 3ème phase concerne la Monuc (À suivre).

T.M.C et L.N’Z.-

PAGE D’HISTOIRE.-

L’EPOPEE INOUBLIABLE DU S.G DE L’ONU, DAG HAMMARSKJOLD.-

° Il a été à l’origine du mandat des Nations Unies pour la mise en place des forces de maintien de la paix.

Elu Secrétaire Général des Nations Unies en avril 1953, Dag Hammarskjöld n’était pour beaucoup d’observateurs qu’un obscur diplomate suédois. Mais avec le temps, il a renforcé la position de l’organisation internationale et la sienne propre dans la politique mondiale. Il fut réellement au service de la paix en 1953 à 1961 – année à laquelle il mourut dans un crash d’avion en pleine négociation de la crise en République Démocratique du Congo entre Tshombe et Lumumba.
C’est en 2OO5 que sonnera le centième anniversaire de sa naissance. Au cours de son mandat, il sera dit ce qui suit : « Vous allez assumer la tâche la plus ingrate du monde ».Ces propos sont du Norvégien Trygve Lie en passant le flambeau de Secrétaire Général à Dag Hammarskjöld. L’Organisation internationale était alors plongée dans une crise profonde et Trygve Lie s’était résolu à donner sa démission.
Au moment de son entrée en fonction, le nouveau Secrétaire Général était à bien des égards une page blanche amis il ne tarda pas à prouver qu’il avait la capacité de dynamiser la lourde machinerie onusienne. Il s’est fait connaître comme un haut fonctionnaire d’une loyauté et d’un dévouement exceptionnels, porteur d’une vision très novatrice de sa mission.
Animé d’une volonté personnelle d’agir rapidement, il était persuadé qu’il fallait s’attaquer aux problèmes sans tarder, avant qu’ils ne deviennent inextricables. C’est à son époque que la diplomatie silencieuse a fait son apparition à l’ONU. A ses yeux, cette méthode était dans certains cas préférable aux débats publics qui tendaient souvent à aggraver les antagonismes.
Dag Hammarskjöld a conféré au poste de Secrétaire Général des Nations Unies une autorité toute nouvelle. Il observait dans ses missions de négociation une attitude de neutralité soulignant qu’il incombait à l’ONU de protéger aussi les petites nations face aux grandes puissances. C’est d’ailleurs Dag Hammarskjöld qui est à l’origine du mandat des Nations Unies pour la mise en place des forces de maintien de la paix, devenues une constante de la gestion de crise de l’organisation internationale.
Au cours de mandat, il est parvenu à limiter les conséquences de trois crises internationales majeures : la guerre de Suez en 1956 et les conflits du Liban et du Laos. En 196O, la guerre civile éclatait au Congo. Dag Hammarskjöld obtint que des forces de l’ONU y soient envoyées tandis que de conduire une médiation entre les belligérants. C’est au cours d’une de ces missions qu’il trouva la mort, le 18 septembre 1961, dans un accident d’avion sur le territoire de l’actuelle Zambie.
Dag Hammarskjöld a reçu le Prix Nobel de la Paix à titre posthume en 1961. Personnalité culturelle de premier plan, écrivain et traducteur, il était l’un de 18 membres de l’Académie Suédoise. Il a été le plus connu des Secrétaires Généraux de l’ONU et le plus apprécié des Congolais de l’époque. La reconnaissance qu’on lui doit persiste à travers les générations et jusqu’au jour d’aujourd’hui le nom célèbre de Dag Hammarskjöld sonne toujours dans les oreilles du politique congolais. Il est au moment où notre pays sortait à tâtons d’une balkanisation de facto, liée à l’émergence de plusieurs mouvements politiques.

G.T. L. N’Z.-

Depuis l’accession à l’indépendance de la République Démocratique du Congo, le jeudi 3O Juin 196O
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